Fox India deux fois – Breizh aerial trip – Partie 1 sur 2 – 2 au 4 avril 2018

INTRO
PARTIE 1
PARTIE 2

1er jour, lundi 2 avril     “Breizh Incertitude”

Bellegarde (Ain) – Châteauroux (INdre)
10h06LT –  12h12LT
Durée de vol : 02h06

Nous nous sommes levés tôt, à 06h30 pour espérer décoller vers 09h00. Nous avons l’intention de traverser la France, d’est en ouest, et d’atterrir à Vannes, en Bretagne, en une seule journée. Cela devrait faire 03h45 de vol avec une pause d’une heure. Un record, par rapport aux 11h00 de voiture habituelle.

Mais, j’ai des doutes. Le mauvais temps s’est installé sur la Bretagne et je pense que ce ne sera pas possible d’aller là-bas aujourd’hui. Cela fait plusieurs jours que je scrute la météo et comment dire, cela souffle le chaud et le froid. C’est très instable et des dépressions venues de l’Atlantique sont annoncées. Néanmoins, il fait un temps magnifique à Bellegarde, ainsi qu’à Châteauroux, première étape de notre périple.

Nous sommes 4 pour ce petit voyage de cinq jours, mon épouse, mon fils de 8 ans et demi, le … chien et donc moi-même. Nous avons pris le minimum vital pour ne pas dépasser le poids maximum autorisé de l’avion, soit 1000 kgs. En fait, nous ne dépasserons jamais plus de 915 kgs, même en prenant les 160 litres d’essence, qui correspondent au plein des deux réservoirs. J’ai pris trois gilets de sauvetage pour le survol de l’eau, car j’ai l’intention d’aller à Belle-Île, une bouteille d’huile, du papier ménage, du liquide vitre et des sangles pour attacher l’avion lors de nos escales. J’ai vérifié les papiers de l’avion, surtout au niveau du potentiel,  et me suis assuré d’avoir la carte Total pour payer l’essence.

Notre avion est un Robin DR400-140B de 160 CV. C’est F-GCII (Fox Golf Charlie India deux fois). Il y a tout juste de la place derrière les sièges arrière pour mettre tous nos “petits” bagages. Le chien est installé sur une couverture de l’un des sièges arrière. La mère et le fils alterneront entre le siège de copilote et l’autre siège à l’arrière.

F-GCII - Robin DR40-140B

J’ai préparé les deux trajets le jour précédent. Chacun me prend à peu près 45 minutes pour faire tous les calculs et écrire mes logs de navigation. C’est la première fois, depuis que je revole, que je vais faire un voyage à travers la France. Jusqu’à maintenant, je m’étais cantonné à des vols locaux entre la France et la Suisse, essentiellement par manque de temps. J’ai un peu d’appréhension, car le pays est complexe au niveau de son espace aérien. Il est couvert de zones dangereuses, restrictives, interdites, de basses altitudes militaires (réseau AZBA), etc. J’ai beau avoir bien lu tous les Notams, j’ai comme des doutes, mais bon, un peu d’aventure ne fait pas de mal. J’ai par ailleurs déposé un plan de vol pour des questions de sécurité. Je vais apprendre sur ce point que les choses sont un peu bizarres.

Bref, nous ne sommes pas prêts pour 09h00,
mais pour 10h00 et c’est normal

Un des deux copilotes

Tout est installé dans l’avion et nous décollons pour Châteauroux. Peu de nuages à l’horizon. Nous passons par Nantua et je prends contact immédiatement avec Lyon Info pour activer mon plan de vol. Notre altitude est de 4500 pieds QNH, afin de passer sous la TMA (Terminal Area) de Lyon. Nous survolons Bourg-en-Bresse, Mâcon, Moulins, où je contacte Clermont Info, ensuite Paris Info et pour terminer Limoges Info, qui ne trouve pas mon plan de vol. Étrange ! Cela fait beaucoup de changements de fréquence en 2 heures. Nous traversons le nord du Massif central. Je me renseigne sur les zones R (restrictives) qui se trouvent à l’est de Châteauroux. Elles sont inactives et je peux faire une entrée par NE (novembre écho) pour rentrer dans la CTR de l’aéroport.

Je contacte la tour de contrôle de Châteauroux, qui me fait rentrer directement en base pour la piste 21. Elle fait 3500 mètres de long. Il y a de quoi faire, j’ai prévu une distance de 500 mètres pour atterrir. J’ai un léger vent dans le dos, mais c’est la piste préférentielle pour éviter de survoler la ville. L’atterrissage est un tout petit dur, mais rien de plus. Nous sortons à la première taxiway à droite de la piste et roulons longuement vers le parking. Il y a des Boeings 747 en ruine qui sont parqués aux 4 coins de l’aérodrome, mais il y a surtout un Antonov 124 devant la tour et qui sert de transport aérien pour l’armée française.

Carte de Châteauroux, 3500 mètres de long.
Je sais que nous n’atteindrons pas la Bretagne

Un marshaller (pisteur) nous attend pour nous indiquer notre place de parking. Le gars est super sympa. Il nous conseille au niveau resto dans le coin et nous décidons d’aller manger à l’Escale à un quart d’heure de marche.

Nous découvrons que le resto est plein à craquer. C’est le lundi de Pâques. Nous avons de la chance, car il y a juste trois places côté brasserie.

Je regarde la météo pendant le repas. Je sais que nous n’atteindrons pas la Bretagne. C’est certain ! Et que nous serons coincés pendant un à deux jours. Faut-il rester à Châteauroux ? Nous n’en avons pas envie. Par ailleurs, je me dis que si on avance au maximum vers la Bretagne, on pourra peut-être trouver un trou de souris de ciel clément en direction de l’ouest. Le ciel devient nuageux, mais la hauteur du plafond n’est pas trop mal. Il y a à mi-chemin, Saumur. Je me dis que si on doit rester là-bas, on pourra visiter le Cadre Noir, centre équestre prestigieux. Ce serait pas mal pour mes amoureux de cheval.


Châteauroux (Indre) – Saumur (Maine et Loire)
14h44 LT – 15h55LT
Durée de vol : 01h11

Retour à l’aéroport. Je complète le carburant pour aller jusqu’en Bretagne, car un Notam indique que la pompe à essence de Saumur ne fonctionne pas.

Nous décollons cette fois-ci en piste 03 par la taxiway C, qui se situe à la moitié de la piste. Il y a encore beaucoup de marge, sachant que l’avion décolle en 500 mètres. Nous sortons par NW (novembre whisky) et nous dirigeons vers l’ouest à l’altitude de 4500 pieds. Je contacte Limoges Info. Il y a des avions partout. Ça crépite à la radio. Les nuages sont juste 300 pieds au-dessus de nous. Il pleut un peu. C’est magnifique. Nous passons ensuite sur Poitiers Info. Cette fréquence est hyper calme. Nous croisons un Beachcraft, qui passe juste devant nous un peu plus bas. Le contrôleur nous prévient et assure notre sécurité.

Nous arrivons très vite sur Saumur. Je suis 1500 pieds au-dessus de l’aérodrome et je fais une entrée un peu classique, à l’américaine, à 45 degrés, dans le circuit en vent arrière pour la piste 28. Nous survolons la ville de Saumur et son magnifique château. Il y a aussi dans le circuit un motoplaneur. C’était le moment de se poser, car la visibilité se détériorait.

Carte de Saumur

Je recule l’avion entre les deux pneus et accroche les ailes.

L’atterrissage est parfait. Le parking est complètement vide, pas un avion. Il y a une petite tour de vigie, mais il n’y a personne. Je cherche un endroit pour accrocher l’avion et je vois deux pneus tout au fond dans un coin du parking. Je me gare devant. Magali appelle un B&B pour la nuit.
Nous sortons les affaires. Je recule l’avion entre les deux pneus et accroche les ailes. Je plante un piquet derrière, dans de la terre, pour maintenir la queue de l’avion en cas de fort coup de vent, ce qui pourrait arriver ces deux prochains jours.

Un motoplaneur bleu se pose, rebondit et se repose.

Un taxi vient nous chercher (Allô Saumur Taxi). Le chauffeur est un jeune homme de la région d’Annecy. Il nous explique comme il fait bon vivre dans cette région.

En fait, le B&B est juste de l’autre côté de l’aérodrome et nous découvrirons que nous ne sommes qu’à dix minutes à pied de l’avion. Nous arrivons chez un jeune couple avec deux très jeunes enfants.
Mauvaise surprise, il n’accepte pas les chiens. Nous essayons de négocier, mais rien à faire. La jeune femme contacte un autre B&B, qui nous accepte pour le même prix, 79€ la nuit. Ce sera l’Améthyste. Une magnifique maison tenue par Nicolas, que nous recommandons vivement.

Nous terminons notre soirée dans un resto gastronomique, les Terrasses de Saumur, juste à côté de l’aérodrome, avec une vue magnifique sur le château de la ville.

22h30. Extinction des feux ! Tout le monde est bien fatigué. Quel temps fera-t-il demain ?

En tout cas, je me souviendrais toute ma vie de cet anniversaire !


2ème jour, mardi 3 avril     “Breizh Grounding”

Saumur

Je fais le point météo. Il pleut avec une éclaircie possible en fin de journée. Nous déjeunons à 08h30 dans la salle à manger de Nicolas. C’est royal. Nous remontons dans la chambre, prenons notre temps, nous faisons un peu de lecture. Nous regardons ce que nous pourrions faire dans la région. Il y a évidemment le Cadre Noir. Nous partons à pieds sous la pluie pour une bonne marche d’une heure et arrivons malheureusement trop tard pour la dernière visite du matin. Nous décidons d’aller manger en ville (le 7, très bonne brasserie). Je me rends compte que j’ai oublié mon téléphone portable dans le taxi. Je le sais, car j’ai pu le suive avec la fonction localiser depuis mon iPad. Petit point météo, une fenêtre semble s’ouvrir dès 17h00. Le ciel devient d’ailleurs plus clément sur Saumur. Par contre le vent est très fort. Cela m’inquiète un peu. Je ne veux pas prendre de risque avec mes trois passagers. Le taxi revient nous chercher dans l’après-midi et me rend mon téléphone.

La météo s’améliore. Lorient est passé en VFR (vol à vue), mais pas Vannes. À 17h, je décide d’aller à l’avion pour le préparer. Je prends déjà un maximum de bagages. Sur le parking de l’aérodrome se trouve un TBM 700 de l’armée de l’air. Je vois aussi une silhouette dans la tour. J’ai une mauvaise surprise en arrivant à l’avion. Le champ sous la queue de l’avion est détrempé. Il y a au moins dix centimètres d’eau. J’arrive à me frayer un passage sans trop me mouiller les pieds pour décrocher la corde de l’avion et je tire comme un malade sur la sardine pour la récupérer. Je prépare l’avion et le démarre. Il part au quart de tour.

18h30, la météo est au vert sur Lorient et pas sur Vannes.

J’appelle Magali pour qu’elle me rejoigne avec Nolan. La météo n’est toujours pas bonne sur Vannes. Il y a par ailleurs beaucoup de vent. Entre-temps, la personne dans la vigie est venue me voir pour prendre quelques renseignements.

A 18h30, la météo est au vert sur Lorient et toujours pas sur Vannes. Il va falloir prendre une décision. Nous avons une heure onze de vol et nous devons poser avant 20h40, l’heure du coucher de soleil et j’aimerais avoir, dans tous les cas, 45 minutes de marge. J’attends le prochain bulletin météo. 18h50, il est toujours négatif. On ne part pas.

Nous rentrons chez Nicolas, que j’avais préalablement prévenu. Je sais que nous ne partirons pas non plus le lendemain, car une très grosse dépression va traverser tout la France. Nous prendrons donc notre temps demain pour visiter la région.

20h00, l’heure théorique de notre arrivée, Vannes est VFR ! Ça s’est joué à rien.


3ème jour, mercredi 4 avril    « Waiting Breizh »

Saumur

Nous prenons notre temps le matin, mais pas trop. J’ai décidé de louer une voiture pour être un peu plus libre. À 10h, nous visitons le Cadre Noir. L’endroit est magnifique, mais terriblement traditionnel et élitiste. Nous assistons pendant un moment à l’entraînement des chevaux. Les cavaliers et leur monture sont magnifiques, d’une légèreté incroyable. Mon seul bémol, j’aurais voulu en voir encore plus. Étonnamment, le ciel est bleu, mais je sais que ça ne va pas durer. En effet, en début d’après-midi, c’est le déluge. Il pleut des cordes. Nous allons faire quelques courses et rentrons à la maison (c’est presque ça). Cette pluie ne donne pas envie de bouger.

Demain, je sais qu’il fera beau en Bretagne et je veux partir tôt. Je préviens Nicolas que nous prendrons le petit déjeuner à 07h00, pour un départ à 08h30. Je prépare le vol. J’appelle Vannes pour les prévenir de notre arrivée et là, surprise : Vannes sera fermé tout l’après-midi, dès 13h30, pour un exercice de pompier, « Pélicandrome ». L’aéroport ne rouvrira qu’à 18h30. Nous décidons de changer notre plan et de partir directement à Belle-Île, pour y être dans la matinée, revenir à Vannes avant 13h30 et être récupérés par Maguy, la tante de Magali. Dommage que nous ayons cette contrainte.

Bon, on y ira quand même à Belle-Île.


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Marc Schwartz

Formateur d'adultes, diplomé de l'Université de Genève. Licence de pilote professionnelle américaine sur avion et hélicoptère. Licence de pilote privé avion européenne et licence ULM.

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