9ème jour, 27 mai 2015 “Extra-terrestre”
Littlefield (TX)- Roswell (NM)
08h42 – 09h09 LT (UTC -5 / -6)
Changement de fuseau horaire
Durée : 1h27
Full Power. Le régime moteur monte. Skyhawk N64EF accélère. La vitesse augmente, le décollage approche… à nous le soleil et ses grosses chaleurs, l’Ouest, la Californie, le Pacifique. A nous la belle vie maintenant, mais d’abord, la première étape : Roswell.
Ce matin, Tom est venu me chercher avec son gros Pick-up. Toujours aussi sympa et serviable. Il me demande où je vais et me dit qu’en direction de l’ouest, il n’y a plus que des lapins comme habitants.
Je n’ai pas besoin de prendre du fuel, car j’en ai encore suffisamment jusqu’à Roswell et je veux absolument poser là-bas. Je vérifie que l’essence n’est pas contaminée par de l’eau. Il a plu à torrent et N64EF est resté dehors. Je rajoute un litre d’huile et m’assure qu’il est bien propre. Bizarrement, je commence à lui parler. Est-ce parce que je m’approche des territoires Navajo et de toute leur mystique ? Je prend soin de lui.
“Tu démarres comme une horloge. Mon ami. Au début, j’avais un peu des doutes sur tes capacités. Surtout que l’on m’avait planifié un autre Cessna, plus récent. Le changement avec toi a eu lieu tardivement. Lorsque j’ai vu ton instrumentation, j’ai été décontenancé. En plus tu parles en miles et non en nœuds. Aujourd’hui, je suis certain que tu étais juste celui qu’il fallait pour faire ce voyage. Peut-être as-tu appelé à ce changement ? Peut-être t’es-tu dit que c’était le voyage d’une vie d’avion ? Toi qui tournes d’habitude en rond au dessus de Boston avec des élèves pilotes et qui doivent te maltraiter lors d’atterrissages un peu durs. C’est un peu tes vacances à toi aussi. Une parenthèse dans ton job.
Le temps est juste magnifique. “Total blue sky”. Cela change ! Paradoxalement, ça donne moins de relief, car tout est plat au sol. Cela devrait se ressentir sur les images. La température est fraîche. L’air est calme. Une très belle journée pour voler.
N64EF grimpe merveilleusement bien en direction des lapins, des extraterrestres, du Nouveau Mexique. Nous survolons des champs ronds étranges comme des signes cabalistiques. Est-ce un langage extraterrestre ?
Nous survolons aussi des champs de pétrole. Les couleurs deviennent ocres. Les habitations ont disparues, les cultures aussi. Elles réapparaissent à l’approche de Roswell. Je commence à apercevoir des montagnes au loin.
Au bout d’une heure de vol,
j’arrive quasiment à la même heure
que celle de mon décollage.
Au bout d’une heure de vol, j’arrive quasiment à la même heure que celle de mon décollage. Je suis comme le Concorde qui rattrape le soleil. Changement de fuseau horaire oblige.
C’est magique. La piste de Roswell est incroyablement longue, la plus longue de mon parcours et je comprends pourquoi. Il y des dizaines d’avions de ligne parqués partout. Je suis surpris. Il y a quelques chose d’étrange quand je les regarde. Je comprends, toutes les nacelles moteurs sont vides. Ces avions vont être désossés. ils finissent leur vie ici. Ils ont fait leur dernier atterrissage à Roswell. Je suis dans l’un de ces fameux cimetières d’avions, que l’on trouve dans les déserts. Je me souviens étant jeune avoir feuilleté des livres sur ces lieux. Impressionnant.
Au parking, j’entend un bruit terrible. je me retourne et j’aperçois un F4 Phantom en train de survoler la piste à grande vitesse. On me dit que c’est un drone-cible sans pilote. J’ai de la peine à le croire. Cela me paraît impossible. Quelqu’un le pilote quelque part avec un Joystick.
Je fais quelques emplettes, T-shirts et casquette. Dommage, je n’aurais pas vu la ville.
Départ pour la montagne, le désert, mon premier col !
Premiers reliefs depuis les Appalaches.
Roswell (NM) – Demming (NM)
10h14 – 13h04 LT (UTC -6/-6)
Durée : 02h39
Je suis triste de quitter Roswell. J’aurais voulu en voir un peu plus, mais je dois avancer.
Je vais, pour commencer, partir plein sud, vers mon premier point d’inflexion. A partir de là, je commencerais à remonter vers le nord.
Le contrôle aérien s’assure que je suis bien au courant, que je ne peux pas voler directement en direction de l’ouest. Il y a en effet une zone militaire interdite au survol. Un site secret avec des extraterrestres ou une zone d’entrainement avec le drone de tout à l’heure ?
Une de mes caméras ne fonctionne pas et j’oublie d’appuyer sur un bouton pour enregistrer les voix, la mienne et celle du contrôle aérien. J’étais pris par d’autres choses.
Le vol se déroule sans souci. Je commence à passer au-dessus de petites montagnes dans un décor désertique. C’est juste beau. Je suis à une vingtaine de kilomètres du Mexique. Je passe au nord d’une ville qui sent bon le Far-West, El Paso.
Musique : SOMBRERO, Eastern Blues (CC)
L’arrivée à Demming est tranquille. L’aérodrome est assez petit. Il y a un hélicoptère ambulance avec du gros matériel de climatisation pour le tenir au frais. L’endroit est charmant, mais cette fois-ci, la température est infernale. J’aurais intérêt à partir tôt demain.
Il faudra aussi que je fasse bien mes calculs de décollage et d’atterrissage, car la chaleur et l’altitude dégrade considérablement les performances de N64EF.
Une navette vient me chercher.
L’hôtel est vraiment sympa avec un charme tout mexicain. Je fais quelques emplettes dans un immense centre commercial juste à côté de l’hôtel.
Je suis frappé par le nombre très élevé de personnes âgées. D’ailleurs, beaucoup travaillent. A l’hôtel, au service, il y a un papy qui doit bien avoir 80 ans, un retraité qui arrondi ses fin de mois.
J’en profite pour faire une lessive. La gestion du quotidien est devenue facile. Je suis bien dans mon voyage. Je profite de chaque instant.
Musique : OSAERIS, The divine Cactus (CC)Demain, je ferai deux legs pour rattraper mon retard. La Californie approche. Le soleil devrait s’installer pour un bon moment. Fini les dépressions à répétition. Il n’est plus question de revenir comme aux premiers jours. D’ailleurs, je n’y pense même plus. J’ai repris totalement confiance en mes capacités de vol. Je n’ai plus peur.
Les changements de paysage et de température sont incroyables. Il y a 10 jours, j’étais à Boston, dans un endroit verdoyant à la température agréable. Maintenant, je suis aux antipodes. Dans un décor désertique aux températures extrêmes.
Demain, si tout va bien, c’est le début d’un aboutissement.
10ème jour, 28 mai 2015 “Western flight”
Demming (NM) – Casa Grande (AZ)
07h22 – 08h53 LT (UTC -6/-7)
Changement de fuseau horaire
Durée : 2h31
Aujourd’hui, je devrais finir cette journée en Californie, 10 jours après mon départ. Mais avant, je vais faire un fuel stop à Casa Grande.
J’ai décidé de n’enregistrer que le deuxième vol, car je n’aurais pas assez de batterie pour les deux,… et mal m’en a pris ! 😎 Car, ce vol est une merveille. Je traverse des déserts hallucinants, je passe au large de montagnes extraordinaires, de dépressions, de canyons, de lacs salés… Je décide de filmer avec l’iPhone.
Les noms des villes que je croise me font rêver, Cochise, Bowie, Tucson, Tombstone ! C’est le Far-West absolu, ce sont les tribus Navajos, les Apaches, les Hopis. C’est ma jeunesse, les films et surtout les aventures de Blueberry (j’ai la collection complète). Il y a des choses de l’enfance qui resurgissent comme ça.
Il faudra revenir !
Musique : TRICKY-M, Cowboy (CC)
Tout continue à bien se passer. Les vols deviennent vraiment tranquilles. Le ciel est une tempête de ciel bleu. Je croise parfois des lieux avec des cultures au milieu du désert, telles des oasis.
Je pense à ma préparation pour être là. Apprendre à nouveau toutes les règles, m’approprier les nouveaux outils américains pour planifier, prendre la météo, remplir un plan de vol. Connaître les cartes, comprendre les services, l’espace aérien, les procédures.
Je pense à mon départ de Genève, très tôt le matin. Les au-revoir, le baiser de ma femme, ceux de mes enfants. Pourvu que tout se passe bien ! Le vrai but final est de les revoir. Le reste est secondaire.
Je pense au vol de Genève à Boston, à mes attentes, mes angoisses, mon impatience. Qui vais-je rencontrer ? Comment vais-je être accueilli ? Executive Flyers me loue un avion, mais ils ne me connaissent pas. Ils sont gonflés. Ils ont confiance.
Je pense à mon arrivée à Boston, à ma recherche d’hôtel difficile, parce que c’est la période de remise de diplômes dans les écoles et que toutes les familles se sont déplacées pour venir y assister.
Musique : HIGHFIELD SOUND, Western (CC)
Je pense à Bedford, mon aéroport de départ, berceau de la révolution américaine, lieu de la première bataille entre les colons et les américains. Les premiers soldats qu’on appelle les “Minute-men”.
Je pense au super accueil que j’ai reçu à l’école. Aux envies que j’ai créées chez les autres jeunes pilotes.
Je pense au vol du samedi pour revalider ma licence américaine avec Roger. A ma première prise de contact avec N64EF. A cette première approche sur Manchester Airport, la pente qui me semblait si raide par rapport à celle du Robin. A ce petit avion qui est si robuste.
Je pense à ces derniers achats, dans ce petit magasin de l’aéroport de Nantucket, les dernières cartes de navigation, la boîte pour ranger tous mes papiers tout au long du trajet.
Je pense à ce vol en Floride, 20 ans plus tôt, durant lequel j’ai sans doute brûlé une de mes sept vies en me faisant prendre dans les nuages, alors que je n’avais que 20 heures de vol. Cette trouée miraculeuse dans laquelle je me trouve pour garder le contact avec le sol.
Je pense à ce contrôleur aérien qui m’a sauvé la vie. J’ai encore le son de sa voix dans ma tête. Son calme. L’atterrissage “merdique”. Peu importe. Les jambes qui tremblaient quand je suis sorti de l’avion. Peu importe. J’ai tellement appris ce jour-là sur le vol et surtout sur moi-même, sur mon sang-froid.
Je suis couché sur une mer
en coton de nuages.
Je pense à ce vol dans ce soleil rose du soir en direction de Palm Beach. Je suis couché sur une mer en coton de nuages. Une image sublime de tranquillité.
Je pense à mon retour à Genève après ce périple. Ne pas y penser maintenant, c’est trop tôt !
Fuel stop à Casa Grande. Le FBO est immense. Je comprends que la région est un grand centre d’entraînement au pilotage. Il y a un très grand nombre d’aéroports et les fréquences sont très occupées. Des tas d’avions font des exercices, certains en IFR (Instrument Flight Regulations) en faisant des circuits d’attente. Le fait que le soleil soit omniprésent permet sans doute de voler en permanence et d’avancer rapidement dans son cursus de formation. Cela me semble un excellent endroit pour cela. Peut-être manque-t-il justement cette météo un peu difficile, qu’il est si important d’appréhender ?
La chaleur est écrasante. Marcher jusqu’au FBO est infernal 😅
Maintenant, les rêves californiens !
Musique : OASERIS, The Divine Cactus (CC)
Casa Grande (AZ) – Palm Springs (CA)
09h48 – 12h26 LT (UTC -7/-7)
Durée : 02h38
Ca y est, ce vol va m’amener en Californie. Cela me semble incroyable d’être arrivé jusque là.
Départ de Casa Grande, la chaleur a empiré. Heureusement que je ne suis pas venu en été.
La température d’huile est quasiment sur la ligne rouge en montée. Je suis inquiet et me demande si je ne vais pas devoir revenir. J’abaisse mon taux de montée pour augmenter la vitesse et le flux d’air qui vient refroidir le moteur. La température baisse rapidement. Je suis soulagé.
Le passage de l’Arizona à la Californie est un grand moment, c’est un peu comme si je passais le Cap Horn. L’Etat le plus éloigné de tout mon périple, le début du bout du monde. Je passe d’un désert à l’autre, la frontière est une rivière encadrée d’une longue bande de cultures. Cela fait penser au Nil. La puissance de l’eau, source vitale pour l’homme.
Je dois appeler SOCAL, le contrôle aérien s’occupant du sud de la Californie. Cela me fait un peu stresser, car je vais traverser l’un des espaces aériens les plus saturés du monde. Un vrai challenge pour moi. Je n’ai plus l’habitude et je vais devoir être très attentif à la radio. Tout se passe bien. J’ai le sentiment, cette fois-ci, d’être revenu à mon niveau initial en terme de compétences.
L’arrivée sur Palm Springs est juste magnifique. Je suis dans la faille de San Andreas.
Je suis très bien reçu par les personnes du FBO. Il y a 4 montres dans le hall qui indique l’heure de villes du monde entier et l’une d’elles est Genève ! Je demande où je peux acheter des cartes, car j’en aurais besoin dans le nord de la Californie et de l’Oregon. On me conseille d’aller voir dans un musée qui n’est pas loin. On me prête une voiture pour deux heures. Trouver des cartes va être une galère, car le monde est devenu électronique. Pour ma part, j’ai encore besoin de papier, c’est la seule chose qui ne tombe pas en panne, même si je vole essentiellement au GPS.
Je découvre ce musée sur l’aviation militaire américaine. Il est fantastique. Tous les avions sont en état de vol. Des bacs sont posés au sol pour récupérer l’huile qui fuit. Il y a beaucoup de guides, certains doivent être des retraités. Je discute avec trois d’entre eux qui me demandent d’où je viens. Je leur raconte mon aventure. L’un d’eux me prend avec lui et me fait visiter des avions de légendes. Je suis sidéré par le manque d’espace dans le B17. Tout était calculé au plus juste. Par ailleurs, je découvre que les fenêtres, dans le fuselage, n’ont pas de vitre. Je comprends maintenant les épais manteaux avec les cols en fourrure. Admiratif !
Je vis l’aviation jusqu’au plus profond de mon âme. Je ne pouvais pas espérer mieux comme apothéose.
En fin de journée, je visite la ville. J’ai l’impression d’être dans un décor hollywoodien. C’est étrange. Je mange le soir dans un petit resto au centre ville. C’est reposant. Il y a des étoiles incrustées dans le sol comme à Hollywood boulevard. Palm Springs est la ville de villégiatures des stars. Même Barack Obama aurait une maison secondaire ici.
L’hôtel dans lequel je loge est superbe. C’est là que sont tous les pilotes.
J’ai une terrasse avec vue sur les montagnes et les palmiers. Il y a un magnifique coucher de soleil de cinéma. La température est agréable.
Et dire que je vais devoir repartir demain.
11ème jour, 29 mai 2014 “Pacific goal”
Palm Springs (CA) – San Luis Obispo (CA)
09h30 – 12h16 LT (UTC -7/-7)
Durée : 2h46
Ce matin, c’est le délire le plus total. Il y a une panne électrique générale dans l’hôtel. Les ascenseurs ne fonctionnent pas. Il n’y pas non plus de lumières de sécurité. C’est le noir le plus total dans les couloirs. Impossible d’en sortir. J’utilise la lumière de mon téléphone. Les couloirs sont très longs et étonnamment, il est quasiment impossible de trouver des issues de secours. A un moment donné, je trouve des tubes de lumières posés à même le sol. Il n’y personne. Je voulais déjeuner, c’est raté. Au bout d’un moment, je repère enfin une issue de secours. Je retourne dans ma chambre et je prends toutes mes affaires pour sortir de ce piège. L’atmosphère est étrange. Je ne suis pas à l’aise. Je descends et je croise un équipage d’avion de ligne qui lui aussi cherche à sortir. Il m’a presque fallu une heure pour réussir à le faire. Finalement, nous sortons par l’arrière de l’hôtel et il faut en faire le tour pour revenir à l’entrée principale. Lamentable. Je réussis quand même à prendre un petit déjeuner, mais il n’est pas très cool.
J’attends la navette des équipages. Et oui, je suis pilote 😜 !
Je fais d’ailleurs le parcours avec l’un deux. Le commandant me demande par curiosité ce que je fais. Il faut dire que je n’ai pas tellement le look de l’emploi. T-shirt débraillé, jeans, baskets. Je suis plus proche de la brousse que de la ligne. Les autres sont tous en uniforme.
Il me montre les photos de son nouvel avion, qu’il vient d’acheter et qu’il va rapatrier de Floride jusqu’au Nevada. Il est bleu électrique avec d’anciens instruments. Ouah ! J’aimerais le même. Même passion.
Ah les cochons, il me facture aussi
un service de 140 dollars.
Je paie le fuel, mais la facture me semble très élevée. Ah les cochons, il me facture aussi un service de 140 dollars, le parking et les cordes. Je ne suis pas très content. C’est la première fois. Je suis dans un aéroport de luxe ! Néanmoins, je ne regrette pas d’être passé par là. C’est la Californie du Sud ! C’est le show. Tout se paie.
Départ pour San Luis Obispo. Je prépare mon vol et me rends compte que je ne vais pas pouvoir longer Los Angeles par le nord et faire la fameuse route de Transit (avec une carte spéciale). Le bord de mer est pris dans le brouillard. Dommage. Cela devait faire partie de mes grands moments. Je vais être obligé de revenir.
Du coup, je passe par le nord au dessus des montagnes via Barstow et Victorville. Je ne vais pas le regretter. C’est juste magnifique.
Ma caméra principale se coupe au décollage. Je m’en rends compte assez rapidement et je la redémarre en pleine montée.
Je dois couper des couloirs aériens militaires à haute vitesse. Je suis inquiet et je m’enquières auprès du centre de contrôle, qui ne m’informe pas trop. Par contre, ça fuse à la radio. Il n’arrête jamais de parler, sauf à reprendre leur respiration. Je suis impressionné. C’est un truc de dingue. Il y a des avions partout, sauf que je n’en vois aucun ! Cela fait plusieurs jours que je survole des paysages minéraux. Les premières forêts réapparaissent. C’est bien.
L’arrivée sur San Luis Obispo est extraordinaire. La voix de la contrôleuse est douce.
Je loue pour 30 dollars une magnifique Mercedes sportive. Je n’en reviens pas. Je vais à la plage à Moro Bay et je fais une ballade pieds nus dans le Pacifique. L’eau est froide. C’est vraiment la Californie telle que je l’aime.
J’ai atteint le premier but de mon voyage. J’ai traversé les Etats-Unis d’est en ouest, de l’Atlantique au Pacifique. Il ne reste plus qu’à rentrer.
J’espère que demain, le météo me permettra de passer le long du Golden Gate comme je l’ai fait 20 ans auparavant. Un vol qui m’a marqué à vie. Rien n’est moins sûr, car la période est propice au brouillard.
Je contacte un centre de maintenance à Napa, prochaine destination, pour faire le changement d’huile des 50 heures. Je n’en suis pas loin et je préfère être prévenant. C’est la moitié de mon voyage. Comme ça, je serais tranquille. J’averti Ed d’Executive Flyers de ce changement. Il me demande jusqu’où je vais aller. Peut-être Hawaï ? J’aurais juste un souci. La mer ! Je ne suis pas certain, que j’aurais assez d’autonomie.
Le soir, j’apprends avec une immense tristesse le départ de tonton Morback, l’oncle de ma femme. Le tonton préféré de mes enfants. Tonton Morback est au ciel, me dira mon fils. Le ciel !
Demain, j’entame mon voyage de retour.
Petit pincement au cœur.
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